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L’usure usurpé

Le développement d’un projet, c’est l’acceptation d’une matière qui se dégrade et du temps qui s’écoule. Car un paysage se vit plus qu’il ne se voit. C’est donc dans la valorisation de l’usure et de l’imparfait, comme des accroches aux émotions, que nous pourrons générer ce ressentie. Des émotions liées, aux sens, à la mémoire, aux souvenirs. C’est cette appropriation de la patine, de la vieillesse qui permettra l’épanouissement d’une relation sensible entre le paysage et son observateur.
Notre travail, c’est offrir les conditions nécessaires à cette émergence des émotions.

Cette accroche aux émotions naît de l’utilisation de matériaux bruts.

Contrairement à l’architecture, un projet de paysage ne se livre pas, il s’épanouit. De la sorte, c’est en vieillissant, que le projet se bonifie. C’est par l’évolution de la matière et de la plante que se construira l’histoire du lieu. L’accepter, c’est l’appréhender.

 

De notre point de vue, le paysage doit donc devenir une appréhension du temps qui s’égrène à travers l’expérience d’un lieu, d’un espace.
« De cette manière, le temps habite la matière dans sa surface et sa profondeur. Il trouve demeure dans les relations spatiales portées par l’histoire, par les usages et les affects ».